Seulong (2AM) : “La musique m’a endurci, mais être acteur a eu l’effet inverse…”

Seulong des 2AM est à l’affiche du film “26 years” qui a pour toile de fond un évènement marquant du combat pour la démocratie en Corée du Sud : le soulèvement de Gwangju en 1980.

Dans cette interview mise en ligne le 6 décembre pour le magazine First Look, Seulong évoque sa récente blessure, mais surtout sa passion pour le métier d’acteur. Le concept de cette séance photo était de mettre en valeur le charisme de ce chanteur qui espère mener une longue carrière en tant qu’acteur.

C’est la première fois que vous posez pour « First Look ». Cette séance photo pour la couverture du magazine vous a beaucoup préoccupé.

J’ai perdu du poids pour cette séance photo. J’ai suivi un régime alimentaire particulier pendant trois semaines et demi et j’ai perdu environ 9 kilos. Je me suis blessé à la jambe en faisant des exercices pour me modeler le corps et faire de bonnes photos.

On m’a dit que vous avez été opéré pour une fracture de l’orteil. C’est même pour cette raison que cette séance photo a été repoussée d’une semaine. D’où ma surprise de voir que même avec un plâtre, vous avez pris l’avion pour faire un concert au Japon.

Pour être franc, j’étais très inquiet parce qu’il est difficile ne serait-ce que de bouger le lendemain d’une opération… Mais je m’étais déjà engagé à faire ce concert et je ne voulais pas briser cette promesse, donc j’ai pris sur moi et j’ai fait le choix d’aller au Japon.

Vous étiez même sur scène en fauteuil roulant. J’imagine que les fans ont dû réagir en conséquence.

Les fans japonais ont un sens aigu de la politesse et accordent beaucoup d’importance aux engagements qu’ils prennent. S’ils ne peuvent pas l’honorer, ils ressentent une grande honte. Je souffrais beaucoup pendant que j’étais sur scène, un moment j’ai même fait une poussée de fièvre à 39°C au point de ne presque pas chanter. Mais j’ai enduré et le concert est arrivé à sa fin. Je suis allé directement aux urgences après et j’y suis resté jusqu’à une heure du matin.

Mais comment vous êtes-vous blessé ? J’ai regardé sur internet mais aucun article n’en parle.

J’étais en train de faire du sport. J’avais fini de courir, puis je me suis tourné soudainement. J’ai été pris de vertiges et mes jambes ont lâché. Au lieu de ma cheville, c’est mon petit orteil qui a tourné et deux os se sont fracturés. Je devrais retirer mon plâtre début décembre.

 

 

Vous devez être content à la veille de la première de « 26 years » . Ce ne sera pas facile de conjuguer vos deux activités, vu que vous êtes déjà très occupé.

Personnellement, c’est un film pour lequel j’ai beaucoup d’attentes. Je suis reconnaissant de la dose d’attention suscitée. Je suis content qu’on parle autant de ce film. Plus que les nombreuses difficultés rencontrées du côté de la production et des investissements, ce film représente l’effort collectif de 20 000 personnes et c’est ce qui est émouvant. (ndltr : le film a été financé en partie grâce à une grande levée de fonds. En fonction de la somme investie, les donateurs reçoivent en échange une ou deux places de cinéma pour la première, des posters du film, un DVD. Le générique de fin dure une dizaine de minutes afin de citer chaque personne qui a fait un don)

Ce film parle du mouvement pour la démocratisation de Gwangju. Vous êtes né en 1987, donc ce n’est pas une époque que vous connaissez vraiment. Étiez-vous naturellement intéressé par l’aspect politique et ce que représentait cette affaire ?

Je m’y intéressais, mais je n’en connaissais pas les détails. J’ai eu envie d’en connaître davantage en commençant ce film. Il faut connaître l’histoire pour connaître la politique et tout ce qui y touche, donc j’en ai appris plus sur ces sujets et j’ai étudié des sujets plus généraux comme l’économie, la société, la culture, l’histoire. Tout ça m’a beaucoup intéressé. Et plus que l’aspect politique, j’ai acquis une meilleure compréhension de l’histoire de la Corée et son évolution. Je me suis dit qu’il était nécessaire qu’un homme ait ce type de connaissances. D’autant plus que mon métier me pousse à me tenir face au public, il est normal d’avoir envie de connaître la façon appropriée pour me présenter face à lui.

Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir ce projet ?

J’ai beaucoup aimé le webtoon de base créé par Kangfull. J’ai lu le scénario et il m’a plu. L’adaptation a vraiment été bien réalisée.

Parlez-nous de votre personnage.

Je joue le rôle d’un policier de la circulation qui souffre depuis la disparition de sa soeur aînée pendant le massacre de Gwangju. Mon personnage est une sorte d’espion qui donne des informations à l’équipe. Il y a cinq personnages, ils agissent uniquement à l’instinct. Pourquoi n’y a -t-il pas de gens comme ça ? C’est le genre de personnages qu’on ne voit que dans les dramas et qui ne semblent pas exister dans la réalité. Par exemple, se dire « cette personne, je vais la tuer », mais la tuer vraiment… Dans la réalité, ce n’est pas aussi simple à faire. Ces quatre personnages sont très dramatiques, mais Kwon Jung Hyuk, mon personnage, n’est pas comme eux. Il a peur, il est terrorisé et a même envie de s’enfuir [...]. Il ne sait pas quoi faire et participe à ce projet d’assassinat, mais il est tellement lâche qu’il pense même à se rendre aux autorités.

Un film a-t-il servi de référence pour créer les personnages ?

Non. Comme c’est une fiction, le rapport à l’oeuvre originale était ambigu parce que  ce ne sont plus des personnages du manhwa. C’est en discutant beaucoup avec le réalisateur que j’ai perçu complètement mon personnage. Bien sûr, il y a aussi beaucoup de choses empruntées au manhwa.

Comment vous décririez-vous ?

Je suis du groupe sanguin O. J’ai un côté timide et méticuleux. Je peux être indifférent ou être facile à vivre. Si quelque chose me touche, alors ça me touche vraiment et ce qui ne me touche pas, ne me touche vraiment pas.

Comment était l’ambiance de tournage ? Vous étiez entouré de beaucoup d’acteurs talentueux, vous avez dû apprendre beaucoup.

Que ce soit par rapport à mon jeu d’acteur ou par rapport au tournage, quelque soit le sunbae avec qui j’étais, il m’expliquait [ce que je voulais savoir]. Jin Goo-hyung m’a appris des choses très importantes. Il vivait pratiquement sur le tournage. Quand le tournage était à Gwangju, il y est resté quelques mois, quand c’était à Daejon, il y a vécu quelques temps. Il est tellement passionné par son métier qu’il se lie avec tout le monde et on a bu et pris du bon temps ensemble. Quand on prenait un verre et qu’on discutait du tournage, il me disait ce que je voulais apprendre. Il m’a dit que la responsabilité des seconds rôles étaient de prendre soin du staff et des autres acteurs, de faire le lien. Connaître le nom de chaque membre du staff et m’intéresser à eux, prendre soin d’eux, c’est qui rend un film encore plus humain. [Seulong évoque ce qu'il a ressenti en jouant avec Lee Kyung Young, acteur vétéran. Partie spoiler]

C’est votre premier film. J’aimerais savoir comment vous vous y êtes préparé.

Après « Even If I Die I Can’t Let You Go » et « Nagging », chaque membre du groupe s’est concentré sur ses activités individuelles mais mis à part les apparitions que je ne pouvais vraiment pas éviter, je n’ai presque fait aucune émission à la télévision. Je me suis reposé et j’ai pris beaucoup de cours de comédie et j’ai cherché des rôles dans des dramas et des films. Dans cette vie normale au quotidien, jouer la comédie est devenu comme une seconde nature. Même quand je faisais une interview, je me disais « ah voilà, ce que je ressens. Quand je jouerai une scène d’interview plus tard, je devrai la faire comme ça”. Pour suivre mes sunbaes, j’ai dû beaucoup boire. J’en ai eu des inflammations à l’estomac.

 

Un film ou un drama qui vous a marqué ? Un acteur en particulier que vous aimez ?

J’ai aimé « The Godfather ». J’aime les films qui montrent des personnages masculins charismatiques comme Ryan Gosling dans « Drive » et « Crazy Stupid Love ». J’aime Leonardo Di Caprio et Russell Crowe. J’ai trouvé Russell Crowe vraiment charismatique dans « Cinderella Man ». Un homme qui protège sa famille et qui sait oublier sa fierté pour sa famille, qui aime sa femme. Je me suis dit qu’un homme comme ça était vraiment génial.

Vous aviez déjà été acteur quand vous étiez enfant. Votre intérêt pour ce métier n’a fait qu’augmenter, n’est-ce pas ?

Ma mère était maquilleuse pour la télévision et c’est ce qui m’a donné cette opportunité. Je la suivais sur les tournages et un jour, on m’a demandé ce que je pensais du fait d’être acteur et j’ai tourné une publicité. J’ai fait beaucoup de publicités à l’époque que par rapport à celles que j’ai faites avec le groupe. J’en ai fait au moins 20. J’ai commencé à étudier plus sérieusement la musique quand j’étais au lycée. Après avoir fait mes débuts en tant que chanteur, j’ai fait preuve encore plus de passion envers la musique. Comme pour une compétition. La musique m’a rendu plus fort, m’a endurci. C’était comme enivrant. Mais jouer la comédie est une façon différente de me rendre capable d’affronter les obstacles. Ca m’a rendu plus serein et plus doux.

Vous donnez l’impression d’être passionné et de vous donner à fond dans tout ce que vous faites.

Si je dois accomplir quelque chose, plus rien n’existe à part cette chose, mais ce n’est pas dans un esprit de compétition

La fin de l’année approche. Quels sont vos projets de fin d’année ?

Je serai sur scène pour un concert, donc je dois préparer et répéter de nouvelles performances. En janvier, nous avons prévu la sortie d’un nouvel album. Je pense que l’année prochaine, nous nous consacrerons davantage à nos activités en Corée.

“26 years” aborde un thème politique d’autant plus sensible qu’il est projeté pendant une importante période électorale en Corée du Sud. D’ailleurs, cela fait plusieurs années que le projet avait été lancé, mais les investisseurs s’étaient retirés à chaque fois au dernier moment. C’est grâce au public que le film a pu se faire et “26 years” est déjà un carton. Sorti le 29 novembre, il affiche déjà plus de 2,1 millions d’entrées.

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via firstlook

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